21 "famous personalities" pour Rodent III - Echecs et informatique sur PC-Windows

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Les grands maîtres de Rodent
21 Famous personalities



Depuis que Rodent est apparu, 19 profils ont été créés pour reproduire le jeu de grands maîtres internationaux, d'anciens champions du monde ou des joueurs historiquement importants. J'ai ajouté à cette liste mon profil Morphy, qui me semble assez crédible ; puis, tout récemment, mon profil Viktor Kortchnoï, disponible en téléchargement mais encore en cours d'évaluation. Je crois savoir aussi que Brendan J. Norman, qui est l'auteur de quelque-uns des meilleurs profils de la série, travaille de son côté à la mise au point d'un nouveau Alekhine (l'ancien, dont il est l'auteur, étant un peu frustre) et à deux autres profils, l'un pour Alexei Shirov et l'autre pour Veselin Topalov.  En attendant que ces trois là soient mis en circulation, nous avons donc 21 famous personalities :

Adolf Anderssen
Paul Morphy
Wilhelm Steinitz
Siegbert Tarrasch
Akiba Rubinstein
Frank Marshall
Emanuel Lasker
José Raúl Capablanca
Aaron Nimzowitsch
Richard Reti
Alexandre Alekhine
Mikhaïl Botvinnik
Tigran Petrossian
Mikhaïl Tal
Boris Spassky
Viktor Kortchnoï
Bent Larsen
Bobby Fischer
Anatoli Karpov
Garry Kasparov
Vishy Anand


Adolf Anderssen


Adolf Anderssen est né en 1818 à Breslau, royaume de Prusse (aujourd'hui Wroclaw, en Pologne).  Il est mort à 1879 , à 60 ans, dans la même ville, appartenant alors à  l'Empire allemand.  Il est le plus illustre représentant de l'école "romantique".



Le plus brillant représentant des échecs "romantiques"


Adolf Anderssen est un joueur très offensif aux brillantes combinaisons tactiques. Alors que le championnat du monde n'existait pas encore, il était considéré comme le plus fort joueur du monde,  jusqu'à sa défaite contre l'américain Paul Morphy en 1858.  Comme la plupart des joueurs de son époque, Anderssen ne connaissait que l'attaque. Mais en ce domaine, il n'avait pas d'égal. Deux de ses victoires sont devenus des classiques, sous les noms de "L'immortelle" et la "Toujours verte".
Les 10 dernières années de sa vie ne seront pas très fécondes sur le plan des échecs. Bien que participant à de nombreuses compétitions de niveau mondial, il s'enfonça peu à peu dans les classements. Le temps des échecs romantiques était révolu, laissant la place aux échecs scientifiques et positionnels.



Téléchargement et installation

Le profil est disponible ICI.

Décompresser l'archive dans le répertoire "Personalities", "07 Grands joueurs".
Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "ph-anderssen2.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, choisir "_pre30.bin", livre constitué d'ouvertures anciennes.



Wilhelm Steinitz

Né en 1836 à Prague, Empire d'Autriche, mort en 1900 à New York à 64 ans.

Ce joueur d'échecs autrichien, naturalisé américain en 1888 (à cette occasion, il changea officiellement son prénom en William) a été le premier champion du monde officiel des échecs de 1886 à 1894 et le premier joueur à étudier scientifiquement le jeu d'échecs pour en dégager des règles générales. À ce titre, il est considéré comme le père des échecs modernes.



Premier champion du monde

Bien qu'il ait presque le même âge que Paul Morphy, Steinitz ne commença sa carrière aux échecs qu'en 1859, au moment où le génial joueur américain arrêtait la sienne. Il participa trois fois de suite au championnat de Vienne et termina 3eme, puis 2eme puis premier en 1861. Des débuts prometteurs.
Steinitz s'installa en Angleterre en 1862. En 1866, il battit Adolf Anderssen à Londres, alors considéré comme le plus fort joueur d'échecs du monde. Cela lui apporta une très grande notoriété mais ses résultats en tournoi étaient moins bons. Il s'affirmera véritablement en 1872, en gagnant le prestigieux championnat de Londres, et en 1873, en remportant  à nouveau le championnat de Vienne, où, fait marquant, il écrasa Joseph Blackburne par 7 victoires à 0.


En 1883 il quitta l'Angleterre pour les Etats Unis et commença à rédiger des articles théoriques, qu'il publiait notamment dans sa propre revue, "The International Chess Magazine".  En 1886 il battit Johannes Zukertort par 10 victoires à 5 (et 5 nulles) et devint officiellement le premier champion du monde d'échecs.


Le champion ayant à cette époque la possibilité de choisir lui-même son challenger, Steinitz porta son choix sur le Russe Mikhail Tchigorine qu'il élimina en 1889 à La Havane par 10 victoires à 7 et une nulle. En 1890 c'est le Hongrois Isidor Gunsberg, qu'il défait avec beaucoup de difficulté. Enfin, en 1894, il remit son titre en jeu en acceptant d'affronter Emanuel Lasker. Il perdit contre le joueur Allemand par 5 victoires à 10 et 4 nulles. La revanche contre Lasker, en 1896, fut encore plus cruelle, Steinitz étant cette fois véritablement écrasé.
L'ancien champion du monde déclinait physiquement et il abandonna définitivement les échecs en 1899. Il mourut à New York l'année suivante, seul et dans la misère.  



Style de jeu

Steinitz apparaît en pleine période romantique des échecs et joue dans les premiers temps un peu comme tout le monde, c'est-à-dire de manière très offensive sans trop de soucis pour la position. Mais au fur et à mesure que son expérience grandit, ses conceptions théoriques s'affirment et son jeu devient plus positionnel. Il sera d'ailleurs le premier à formaliser sur le plan théorique les principes de base de ce style de jeu.
Sa manière de jouer reste cependant dans un entre-deux. Il accordait beaucoup plus d'importance à la qualité de la position que les autres joueurs de son époque et il jouait plutôt en défense, mais il était aussi capable de monter de brillantes combinaisons tactiques. En résumé, un style qu'on qualifierait aujourd'hui d'équilibré.
Néanmoins, à l'époque, la manière de joueur de Steinitz, prudente et méthodique - donc plus fade que celle des grands maitres romantiques - fut sévèrement critiquée par l'intelligentsia des échecs.


Photos : en haut, portrait de Wilhelm Steinitz (date exacte, lieu et auteur inconnu, mais le cliché est avec certitude d'avant 1900) / Ci-dessus, la plaque érigée à Pragues en l'honneur de Steinitz.



Téléchargement et installation

Le profil est disponible ICI.

Décompresser l'archive dans le répertoire "Personalities", "07 Grands joueurs".
Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "steinitz.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, choisir "_pre30.bin", livre constitué d'ouvertures anciennes.

A noter : Lucas Chess propose également un profil "Steinitz" dans sa série des "Moteurs GM".


Paul Morphy

Bizarrement, Paul Morphy, joueur essentiel du milieu du 19ème siècle, n'est pas dans la collection "Famous personnality" de Pawel Koziol. C'est le seul joueur historique dont l'absence apparait un peu comme une faute (pardon Pawel de dire ça car le boulot achevé est déjà vraiment remarquable). C'est pourquoi je me suisdécidé à réparer cet oubli en étudiant les principales parties du joueur américain et en créant un profil dédié. Pour en savoir plus, lire la page sur le profil Paul Morphy.


Si l'appartenance de Paul Morphy à "l'école" romantique des échecs est discutable, la vie de celui qui a été presque malgré lui le meilleur joueur d'échecs de son temps sera  tout ce qu'il a de plus romantique.

Paul Morphy est né en 1837 à la Nouvelle Orléans, dans une famille bourgeoise et fortunée. Son père était juge à la Cour suprême de Louisiane et sa mère une pianiste renommée.  Il a appris les règles des échecs en regardant faire son père et lorsqu'il a commencé à jouer avec lui, il ne lui faudra que quelques semaines de pratique pour le battre à tous coups.
A l'âge de 10 ans il a affronté le célèbre général Winfield Scott, héros militaire aux brillants faits d'armes et proche conseiller du président Abraham Lincoln. L'évènement est bien connu: de passage à la Nouvelle Orléans, le général, qui se targuait d'être un excellent joueur d'échecs, a demandé à affronter un bon joueur local. Il a cru à une farce de mauvais goût quand on lui a présenté le jeune garçon timide en culotte courte. Le général a été déçu mais pas par les faibles forces du joueur. Première partie :  Winfield Scott est mis mat en 10 coups. La seconde partie ne lui a pas été beaucoup plus favorable. Le général aurait pris la fuite, mortifié.


Un joueur peu assidu

A 13 ans il riduculisa le Hongrois Johann Lôwenthal (illustration ci-contre), venu aux Etats Unis en 1850 pour une série de matchs exhibitions. Lôwenthal était très fort en particulier pour jouer des parties à l'aveugle, c'est à dire en dictant les coups sans voir l'échiquier. Mais  Morphy était encore plus fort.

A ce qu'on sait, Paul Morphy pratiqua peu les échecs dans les années suivantes, se contentant de battre tous les joueurs de sa région et les maîtres de passage.  Il fit de brillantes études de droit, pendant lesquelles il ne joua pratiquement plus aux échecs. Il obtint son diplôme bien avant l'âge habituel. Avec comme conséquence qu'il était trop jeune pour exercer professionnellement.  Selon la légende c'est ce qui ramena un Morphy désoeuvré aux échecs. Invité à participer au premier Congrès américain, qui avait  lieu à New York en 1857, il gagna le tournoi et devint à 20 ans le champion des États-Unis. On le pressa alors d'aller affronter les grands joueurs européens.


Champion du monde officieux

En Angleterre, en 1858, il défit  au cours de parties amicales tous les bons joueurs anglais, sauf le plus connu, Howard Staunton, qui se défila sans cesse tout en essayant de faire croire que le problème venait de Morphy.


"The Exploits and Triumphs in Europe of Paul Morphy, the Chess Champion" / Edge, Frederick Milnes

Comprenant que Staunton ne prendrait pas le risque d'être battu par lui, il quitta l'Angleterre pour la France où il affronta son meilleur joueur, Daniel Harrwitz. Après quelques débuts difficiles il reprit l'avantage et ne fit plus qu'une bouchée du français. C'est aussi à Paris, affaibli pourtant par une mauvaise grippe, qu'il battit très facilement Adolf Anderssen, considéré alors comme le meilleur joueur du monde. Beau joueur, Anderssen reconnu que Morphy était tout simplement meilleur que lui, en dépit de son jeune âge et de son inexpérience.  
Peu après, le champion américain, mordu d'Opéra, affronta dans une partie amicale le duc Charles II de Brunswick, aidé du comte Isouard dans la loge du duc, à l'Opéra de Paris. C'est la fameuse "partie de l'opéra", la plus célèbre de Morphy.

Bien que le titre n'exista pas encore et qu'il n'ait pas participé à une compétition en bonne et due forme, on avait coutume alors de parler de Morphy comme du "Champion du monde des échecs", ce qu'il était de fait. Les américains lui firent un triomphe lorsqu'il retourna au pays en 1858. Les échecs l'occuperont  encore un peu, à New York, jusqu'en 1860 puis il retourna en Louisiane et déclara à la surprise générale, qu'il abandonnait les échecs. Il prétendit qu'il s'agissait d'un loisir et non d'une occupation sérieuse. Il est vrai qu'à l'époque les échecs, aux Etats Unis, avaient mauvaise réputation. Faisant l'objet de paris d'argent dans des lieux peu recommandables pour des gentilshommes, ils étaient à peine mieux considérés que le poker. Or, socialement, Morphy était très conformiste. Mais plusieurs psychologues virent plutôt dans cette décision un comportement d'échec - sans mauvais jeu de mot - qui avait davantage à voir avec son état mental.  



Quel héritage nous a laissé Paul Morphy ?


Il reprit le droit mais son opposition à la guerre de sécession ainsi que ses opinions anti-esclavagistes lui attirèrent beaucoup d'inimitiés et l'empêchèrent d'exercer. Il préféra fuir à Paris, en attendant que les choses se tassent. Il revint à la Nouvelle Orléans après la guerre civile, très déprimé. Son état mental était inquiétant. Déambulant dans le quartier français de la ville, il parlait à des personnes invisibles, fixait certaines femmes bizarrement et donnait des signes de délire de persécution et de paranoïa. Il mourut dans sa baignoire à 47 ans, officiellement  d'une attaque cérébrale. Mais la rumeur a laissé entendre qu'il pourrait s'agir d'un suicide.

Sa carrière échiquéenne internationale s'étend en tout et pour tout sur 18 mois. Mais malgré cette courte durée, la mauvaise volonté qu'il a mis à transmettre son savoir, son désir de ne pas contribuer à populariser les échecs, Paul Morphy aura tout de même influencé durablement le monde des échecs. Très en avance dans tous les domaines du jeu sur les pratiques de son époque, il n'est pas absurde de dire qu'il est le premier "joueur moderne" des échecs. Bien que formellement classé dans les "romantiques", Paul Morphy est en réalité le premier véritable joueur positionnel. Il annonce et inspire la génération suivante : Steinitz, Lasker, Tarrasch...



Paul Morphy,  Bobby Fischer: une malédiction américaine?


Les américains n'ont eu dans toute leur histoire que deux champions du monde des échecs et leur destin fut assez semblable. Bobby Fischer, champion du monde des échecs en 1972, a énormément de points communs avec Morphy, champion de 1858. Il s'agit bien sûr de coïncidences, mais elles sont étonnnantes. Tous deux ont été très jeunes champions des Etats-Unis, avant leur succès sur la scène internationale. Leurs façons de jouer présentaient des similitudes: ils étaient des "attaquants-positionnels", catégorie assez peu représentées parmis les grands joueurs d'échecs (Voir "Style de jeu : les grandes familles"). .
Enfin, Morphy et Fischer étaient psychologiquement fragiles et affligés de tendences paranoïaques. Alors qu'un immense boulevard s'ouvraient devant eux, l'un et l'autre ont abandonnés prématérément les échecs et ont basculé dans la psychose.

Voir aussi :

Le profil Paul Morphy pour Rodent III
Paul Morphy, version v2



Siegbert Tarrasch

Siegbert Tarrasch est né en 1862 à Breslau, Allemagne. Il est mort en 1934 à Munich, à l'âge de 72 ans. Il a été l'un des meilleurs joueurs d'échecs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, ainsi qu'un brillant théoricien.



Il passe à côté du championnat du monde

A la fin de ses études de médecine en 1880 Siegbert Tarrasch exerce comme médecin. Les échecs ne sont pour lui qu'un loisir mais il y consacre beaucoup de temps. A partir de 1883, il remporte tournois sur tournois : Nuremberg en 1883, Breslau en 1889, Dresde en 1892 et Leipzig en 1894, puis le congrès britannique de Manchester en 1890...
Il est incontestablement l'un des plus forts joueurs mondiaux, mais en 1893, il échoue à battre Mikhail Tchigorine contre qui il fait match nul  (9 victoires, 9 défaites et 4 parties nulles). Et, pour des raisons professionnelles, il ne peut répondre favorablement à une proposition de jouer pour le titre mondial contre Wilhelm Steinitz, qu'il a pourtant déjà battu trois fois. L'année suivante, il refuse d'affronter Emanuel Lasker. Il ne le prend pas suffisamment au sérieux et celui-ci devient alors le 2eme champion du monde, après avoir battu Steinitz aux Etats Unis. Enfin, en  1896, il ne participe pas au tournoi de Saint-Pétersbourg qui réunissait les meilleurs joueurs du monde : Lasker, Pillsbury, Steinitz et Tchigorine. En laissant passer d'aussi nombreuses occasions, Tarrasch s'est condamné lui-même à ne jouer que les seconds rôles, dans la course au titre mondial.  Lorsqu'enfin il affronte Lasker pour le championnat du monde de 1908, il est trop tard, sa chance est passée. Lasker le bat très facilement. Par la suite, ses résultats ont décliné doucement. Son dernier fait d'armes un tant soit peu remarquable fut une modeste 5eme place au tournoi de Saint-Pétersbourg de 1914.


Grand théoricien


Siegbert Tarrasch a été par contre un grand théoricien des échecs. Il a écrit plusieurs livres majeurs, dont le "traité pratique du jeu d'échecs". Ses conceptions ont diffusé largement dans les milieux échiquéens, amateurs comme professionnels. Tarrasch a développé les idées positionnelles de Steinitz : contrôle du centre, bonus à la paire de fous, avantage spatial... Ce qui l'a fait passer souvent pour un théoricien de l'école classique, alors que ses idées étaient assez modernes. Par exemple, il attachait beaucoup plus d'importance à la mobilité des pièces que Steinitz et a toujours mis en garde contre la peur excessive des faiblesses structurelles.

Tarrasch avait par contre une manière péremptoire de présenter ses idées et faisait preuve d'une auto-satisfaction excessive ce qui l'a fait passer injustement pour un dogmatique et lui a valu d'être la tête de turc des tenants de l'école hypermoderne, en particulier d'Aaron Nimzowitsch, avec qui il eut une relation très conflictuelle. Il était en réalité beaucoup plus proche des hypermodernes que ceux-ci ne voulaient bien le reconnaître. L'analyse de ses parties en témoigne. Son jeu dynamique était finalement plus proche de celui de Bobby Fischer que de Wilhelm Steinitz.


Photo : Docteur Siegbert Tarrasch, 1908.


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Akiba Rubinstein

Akiba Rubinstein est né en 1882 à Stawiski, Pologne, dans l'Empire russe ; il est mort en 1961 à Anvers, Belgique, à 79 ans.  


Au sommet de l'élite mondiale au mauvais moment


Issue d'une famille juive polonaise, Akiba Rubinstein était destiné à devenir rabbin. Il n'a appris à jouer aux échecs que tardivement, à 16 ans, mais ses capacités en la matière devinrent vite évidentes et il se consacra de plus en plus activement à ce jeu. En 1903, ayant enregistré des premiers résultats encourageants en tournoi, il abandonna ses études rabbiniques pour devenir joueur professionnel. A partir de 1907, son talent éclata littéralement. Entre 1907 et 1914, malgré une timidité pathologique, il s'est imposé au sommet de l'élite mondiale des échecs, remportant plusieurs fois le championnat de Russie, le tournoi de Carlsbad puis consécutivement cinq tournois majeurs: Saint-Sébastien, Pistyan, Breslau, Varsovie et Vilnius. Il était souvent présenté comme le meilleur joueur du monde, mais Rubinstein n'avait encore jamais rencontré des deux plus grands joueurs de l'époque,  Capablanca et  Emanuel Lasker.
Le premier conflit mondial mit sa carrière entre-parenthèse. Après la guerre, il s'installa avec sa famille en Suède. Mais ses performances devinrent moins régulières, même s'il resta un très fort joueur tout au long des années 20.

Photo : Akiba Rubinstein en 1908 (auteur inconnu - Deutsche Schachzeitung).


Une carrière paralysée par une crainte phobique des gens

En 1922 il déménage en Allemagne. La même année il gagne le tournoi de Vienne, battant le futur champion du monde  Alexandre Alekhine.  Dans les années suivantes, ses résultats sont en dents de scie. En 1926 il s'installe définitivement en Belgique.

A la tête de l'équipe olympique polonaise, il gagne l'olympiade de 1931. Mais, compte tenu de son niveau, ce n'est qu'un demi-succès. Il ne peut participer au championnat du monde, n'ayant pas l'argent ni le soutien nécessaire pour y participer. Ses résultats auraient eus la régularité d'avant guerre, il aurait sans doute trouvé des sponsors pour l'aider. Mais Rubinstein commence à donner des signes forts de la maladie mentale qui le conduira à passer les 30 dernières années de sa vie à l'écart du monde. En effet, ce qui n'était dans sa jeunesse qu'une timidité maladive a évolué en anthropophobie, une crainte phobique de la compagnie des gens. En 1931 il participe à un dernier grand tournoi, à Rotterdam, où il termine bon dernier. La maladie a pris une forme très invalidante et il se retire définitivement de la compétition. Il passera les dernières années de sa vie caché dans un grenier, où même ses familiers auront du mal à l'approcher.


Style ultra-positionnel

Rubinstein est l'un de ces joueurs qui ont mis un terme définitif à l'école romantique, faites d'attaques débridées et de combinaisons tactiques audacieuses et risquées, au détriment de la position. En bon joueur ultra-positionnel,  une partie gagnée est pour Rubinstein une partie où l'on finit avec un pion de plus et une position un peu meilleure que celle de l'adversaire. Ce n'est pas un jeu épique, ce n'est pas spectaculaire mais cela met tout joueur romantique devant un mur qu'il n'arrive pas à percer

Photo : Rubinstein affronte Emmaneul Lasker en 1909, à Saint-Petersbourg.


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Frank Marshall

L'américain Frank James Marshall est né à New York en 1877. Il est mort en 1944 à Jersey City, à 67 ans. Il fut l'un des plus forts joueurs du début du xxe siècle, remportant quatre médailles d'or par équipe et une médaille d'or individuelle lors des olympiades d'échecs de 1931 à 1937.


Le meilleur américain et le dernier romantique


Frank Marshall fut du début du siècle jusqu'en 1935 le meilleur joueur américain. Sa faiblesse était de s'accrocher à l'époque romantique des échecs, alors que l'heure n'était plus vraiment à l'épique. Comme  Alekhine, il avait un sens inné de la tactique et des combinaisons gagnantes, ce qui compensait, jusqu'à un certain point,  ce qu'il y avait de dépassé dans sa technique. Pas suffisamment toutefois pour vaincre les grosses pointures de son époque,  Emanuel Lasker et  José Raùl Capablanca. Leur science positionnelle a rendu tous les trucs habituels de Marshall inefficaces. Il n'a pas réussi vraiment à s'imposer au delà du territoire américain, mais il n'en reste pas moins vrai qu'à part Lasker et Capablanca, il a vaincu la plupart des grands maîtres de l'époque. Si Marshall a conservé une certaine notoriété jusqu'à nos jours c'est pour ce palmarès mais aussi parce que plusieurs de ses parties sont devenus des classiques, des oeuvres d'art belle à regarder et agréable à enseigner.

Photo : Frank James Marshal, 1904 (auteur inconnu - Oxford and Dilhoff)

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Bibliothèque d'ouvertures : Il n'y a pas de bibliothèque guide spécifique pour Frank Marshall. Je vous suggère d'utiliser "_pre30.bin" à la fois comme bibliothèque guide et comme bibliothèque principale.



José Raúl Capablanca

Né en 1888 à La Havane (Cuba), mort à 1942 à New York à 54 ans.  


Troisième champion du monde

Joueur très précoce (il a obtenu le titre de Champion de Cuba à 13 ans), José Raúl Capablanca a été le 3eme champion du monde des échecs, de 1921 à 1927. La méthode systématique et apparemment simple par laquelle il a vaincu ses adversaires, ainsi que le très petit nombre de ses défaites l'ont fait surnommer "chess machine".
Capablanca était un joueur au style naturel considéré comme l'incarnation du joueur purement positionnel. Ses développements étaient logiques et directs et il ne se lançait jamais dans de complexes combinaisons tactiques, préférant conserver une position solide. Comme tous les joueurs positionnels, il se contentait d'obtenir de petits avantages qui, additionnés, se convertissaient en victoire à la fin de la partie. Sa maîtrise des finales était légendaire.

Jose Raul Capablanca, Mars 1931 (auteur inconnu. Source: Gamma-Keystone via Getty Images)



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Le profil de Capablanca pour Rodent est ancien et n'a jamais été réactualisé. Constitué avec un nombre de paramètres assez restreint, il est aussi un des rares à ne pas disposer d'une bibliothèque guide "personnelle". Il constitue donc au mieux une intéressante approximation. Néanmoins le profil contient une bibliothèque au format *.bin que j'ai construite à partir des parties de Capablanca. Utilisez la bibliothèque "_pre30.bin" en complément.
A noter : le moteur Komodo a un style qui évoque le jeu de Capablanca. D'autre part,  Lucas Chess propose également un profil "Capablanca" dans sa série des "Moteurs GM".




Emanuel Lasker

Emanuel Lasker est né en 1868 à Berlinchen, Prusse (aujourd'hui en Pologne). Il est mort en 1941 à New York.


Deuxième champion du monde


Ce juif Allemand a été le second champion du monde d'échecs en 1894, titre qu'il conserva jusqu'en 1921. Depuis sa création en 1886, il est celui qui l'a conservé le plus longtemps, de 1894 à 1921, soit 27 ans.



La dimension psychologique des échecs

Emanuel Lasker avait une formation scientifique et était un brillant mathématicien. Marchant dans les pas de Steinitz, qu'il admirait beaucoup, il a lui aussi fait des échecs une matière à étudier scientifiquement. Steinitz avait édicté les principes du jeu positionnel. Lasker va approfondir cet héritage en enrichissant la théorie, notamment sur le thème de la préservation d'une bonne structure de pions.

Il introduisit aussi dans les échecs une dimension nouvelle, malheureusement bien difficile à apprendre à un moteur : la psychologie. Pour Lasker une partie d'échecs est d'abord une confrontation entre deux êtres humains, entre deux volontés. Il n'y a donc aucune raison de ne pas introduire dans les échecs une dimension psychologique. Avant d'affronter un adversaire, il passait beaucoup de temps à l'étudier, afin de prévoir ses réactions. Son jeu était ainsi en partie fondée sur la déstabilisation psychique de l'adversaire. Sa méthode: jouer des coups inhabituels, voire illogiques, concéder un avantage positionnel uniquement dans le but d'éveiller la crainte dans l'esprit adverse et le détourner de son plan initial,  le priver de ses repères analytiques, l'entrainer dans des positions chaotiques...


Ci-dessus, Emanuel Lasker, 1933 (archives fédérales allemandes)


Style : un joueur avant tout positionnel

C'est pourquoi son style est difficile à définir avec précision. Pour Lasker, pas question de s'en tenir à une méthode de jeu, aussi efficace soit-elle. Pour gagner, il faut savoir s'adapter à son partenaire - et donc éviter de s'enfermer dans son propre style.
Néanmoins il était avant tout un joueur positionnel, veillant à avoir une bonne structure de pions et à éviter les faiblesses, tout en cherchant à créer des faiblesses dans le camp adverse. Il était très fort en finale, condition nécessaire pour convertir en victoire les avantages positionnels obtenus tout au long de la partie.
On lui a reproché de ne pas connaître très bien les ouvertures et de livrer des premières parties un peu faibles, dans lesquelles souvent il tardait à développer son jeu. Ce n'est pas faux mais ça ne l'a pas empêché d'apporter des contributions importantes à la science des ouvertures, avec notamment "la défense Lasker du gambit dame refusé".  

Emanuel Lasker vers 1894 (Auteur inconnu. Source : Yenowine's Illustrated News, Milwaukee)



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Le profil est disponible ICI.

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Bibliothèque d'ouvertures : aucune bibliothèque n'étant fourni avec le profil j'en ai réalisé une, que vous trouverez dans l'archive. Je vous suggère d'utiliser "_pre30.bin" comme bibliothèque de complément.


A noter : Lucas Chess propose également un profil "Lasker" dans sa série des "Moteurs GM".



Aaron Nimzowitsch

Aaron Nimzowitsch est né en 1886 à Riga en Lettonie (empire Russe); il est mort en 1935 à Copenhague, au Danemark, à 48 ans.

Né dans l'empire Russe et d'origine juive, Aaron Nimzowitsch était néanmoins de culture germanique. Germanophone, il fit d'ailleurs le début de ses études à Berlin, qu'il abandonna très vite cependant pour mener une carrière de joueur d'échecs professionnel. Tous ses livres ont été publiés d'abord en langue allemande.
La première guerre mondiale paralysa ses efforts mais son talent éclata à partir de son installation au Danemark, en 1922 - pays dont il acquit assez vite la nationalité. Il y vécu jusqu'à sa mort.  


Une carrière échiquéenne qui n'aboutit pas

L'apogée de la carrière de Nimzowitsch se situe à la fin des années 1920 et au début des années 1930. Il se situait dans le peloton de tête des meilleurs joueurs mondiaux, mais il n'obtient jamais cependant de titre majeur. Il fut beaucoup desservi par un caractère peu engageant. Egocentré, arrogant et imbue de lui-même, méfiant voire même un peu paranoïaque, il n'obtint jamais les soutiens qui auraient pu booster sa carrière.  Si Nimzowitsch est resté un joueur "historique" c'est surtout pour ses ouvrages théoriques sur les échecs, qui ont eu un retentissement considérable. Nimzowitsch est, avec Richard Réti,  le plus illustre théoricien de l'école "hypermoderne", qui a succédé à l'école classique, laquelle s'était déjà construite en opposition à l'école romantique.


Le "Système" Nimzowitsch

Doté d'un véritable talent de pédagogue, Nimzowitsch fut l'un des fondateurs de l'école hypermoderne et l'auteur de livres qui sont toujours d'actualité. Edités d'abord en langue allemande, "Mon système", suivi de "Pratique de mon système" développaient des conceptions qui tranchaient avec les idées quelque peu dogmatiques en vigueur à l'époque. Traduit et lu dans le monde entier, les livres et les théories de Nimzowitsch ont influencés toutes les générations suivantes de joueurs d'échecs. Résumé de ses conceptions :  

➤Nécessité de contrôler le centre. Cette idée, déjà présente chez Steinitz et Tarrasch, et proposée avec davantage de souplesse et de richesse. Contrôler le centre ne veut pas simplement dire y amasser du matériel… Le contrôle peut se faire à distance.
➤Gêner les mouvements de l'adversaire en bloquant son jeu : une attaque ne réussit en effet qu'avec un avantage de mobilité. En fermant par des moyens divers  les lignes de communication entre les pièces adverses, on crée des affaiblissements structurels, lesquels, à un stade ultime, permettront d'imposer à l'adversaire des coups forcés défavorables. C'est le fameux zugzwang.
➤ La surprotection : il s'agit, après avoir identifié les cases stratégiques pour les deux camps d'accroître soi-même le contrôle de ces positions au détriment de l'adversaire.
➤Le concept des pions liés : Tarrasch avait fait du pion dame isolé l'une de ses armes favorites. Nimzowitch réfute cette menace. Il préfère miser sur des "pions liés", se soutenant mutuellement, une arme pour lui à maîtriser absolument.
➤Le louvoiement : cette tactique consiste à repérer deux faiblesses ennemies et à les attaquer alternativement. Comme il est impossible d'attaquer et de se défendre en même temps, ce louvoiement va susciter chez l'adversaire des affaiblissements structurels qu'il conviendra d'identifier et d'exploiter par la suite.
➤Le "développement élastique" dans l'ouverture : Nimzowitsch est un fervent défenseur de l'idée selon laquelle l'ouverture choisie doit servir une stratégie d'ensemble, qui ne peut-être définie qu'au bout d'un certain temps. Il convient donc de rester souple afin de conserver le plus longtemps possible la faculté de se déterminer pour un type de contrôle du centre ou un autre. Nimzowitch a théorisé et mis en pratique plusieurs ouvertures devenues très populaires comme la Défense nimzo-indienne et la défense Nimzowitsch du pion-roi, par exemple.

Dans un troisième ouvrage théorique majeur, "Die Blockade" (le blocage), Nimzowitsch développe sa technique pour geler le jeu adverse. Karpov a du en boire les moindres mots !


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Richard Réti

Richard Réti est né en 1889 à Pezinok, près de Bratislava ; il est mort en 1929 à Prague, à 40 ans. Il est donc né Hongrois, puis est devenu Tchécoslovaque après la première guerre mondiale, comme sa région d'origine.

Quoi qu'il ait été un très fort joueur - l'un des plus forts entre 1910 et 1920 - Richard Réti n'a jamais été ni un enfant prodige ni un génie des échecs. Il avait du talent, mais pour arriver au très haut niveau où il s'est situé, il lui a fallu fournir énormément de travail. On peut dire aussi qu'il était avant tout un théoricien.
La rencontre avec Gyula Breyer, un joueur très doué avec qui il s'est lié d'amitié, a certainement été déterminante dans son parcours. Partageant les mêmes conceptions théoriques nouvelles, ils s'entraidèrent et élaborèrent ensemble une conception nouvelle des échecs. Ils furent, avec Aaron Nimzowitsch, les véritables fondateurs de l'école hypermoderne.


Un joueur relativement peu titré

C'est pour ces oeuvres théoriques plus que pour ses titres échiquéens que Réti est passé à la postérité. Tout comme Nimzowitsch, avec lequel il partagea beaucoup de points communs, il fut éclipsé par la première guerre mondiale au moment où il était au sommet de son art. Après la guerre, il remporta plusieurs tournois majeurs : ceux d'Amsterdam et de Göteborg en 1920, celui de Teplitz-Schönau en 1922, de Buenos Aires en 1924 et de Vienne en 1928. Mais son fait d'arme le plus marquant fut de battre le champion du monde José Raúl Capablanca, à New York en 1924. Le Cubain, que l'on surnommait "chess machine", était alors considéré comme pratiquement invincible. La partie est restée assez célèbre, notamment parce que Réti y employa l'ouverture qui porte aujourd'hui son nom (1. Cf3 suivi de 2. c4 sans d4).


Grand théoricien de l'école hypermoderne

Le jeu de Réti contre Capablanca était basé sur une ouverture nouvelle, le "début Réti", dont le but est d'occuper indirectement le centre. Cette partie a joué un rôle important dans la propagation des conceptions théoriques de Réti, qui se basait notamment sur une série d'ouvertures dites "de flanc", refusant l'occupation prématurée du centre, mais s'assurant de son contrôle indirect et à distance ;  quitte à laisser l'adversaire occuper lui-même le centre, tout en préparant les pions qui pourraient l'attaquer et ruiner cette position le moment venu. Cette tactique s'appuie sur la mise en fianchetto des fous et sur l'attaque du centre adverse par les pions de flancs...
Voici une liste non exhaustive de ces ouvertures pour les deux camps. Pour les blancs :


➤le début Réti (1. Cf3 d5 2. c4 )
➤les ouvertures anglaises (1. c4 )
➤L'attaque Nimzo-Larsen (1. b3 e5 2. Fb2 Cc6 3. e3 d5 4. Fb5 Fd6 5. f4)

Pour les noirs
➤la défense Alekhine (1. e4 Cf6 2. e5 Cd5 3. d4 d6 4. Cf3)
➤la défense est-indienne (1.d4 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 Fg7 4.e4 d6)
➤la défense ouest-indienne (1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cf3 b6)
➤la défense nimzo-indienne (1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cc3 Fb4.)
➤la défense Grünfeld (1.d4 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 d5)
➤la défense Moderne (1.e4 g6, avec un développement précoce du Fou g7 en fianchetto)
➤la défense Nimzowitsch (1.e4 Cc6)

Réti a critiqué le dogmatisme de l'école classique, dans laquelle les échecs s'étaient un peu figés, mais il était beaucoup plus mesuré que Nimzowitsch, et beaucoup moins arrogant. Il admirait Tarrasch, alors que Nimzowitsch ne manquait jamais une occasion de tourner en dérision les principes du représentant majeur de l'école classique à leur époque. Ses conceptions furent formulées dans plusieurs ouvrages théoriques qui enrichirent considérablement la connaissance des échecs. Ses oeuvres les plus importnates :


➤"Les Idées modernes aux échecs" (1922)
➤"Les Maîtres de l'échiquier" (1930)


Réti a été emporté prématurément par une poussée de Scarlatine. Contrairement à Nimzo, il a aurait pu devenir champion du monde en écourtant le règne de Lasker, qui durait un peu trop.  


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Alexandre Alekhine


Né en Russie en 1892 et mort à Estoril (Portugal) en 1946, à l'âge de 54 ans, Alexandre Alekhine est un joueur d'échecs russe, naturalisé français en 1927.


4eme champion du monde

Alexandre Alekhine est véritablement l'un des inventeurs des échecs modernes. Bien que déjà fort joueur doté d'un sens tactique très aigu, il a compris qu'il pouvait encore améliorer son jeu en étudiant les échecs de manière systématique. Il a ainsi été lun des premiers théoriciens des ouvertures, l'une d'elles, employée pour la première fois en 1921, portant même son nom : la défense Alekhine. Mais il a aussi étudié en profondeur toutes les phases du jeu. Alekhine appartenait, avec Réti et Nimzowitsch, à la "race" nouvelle des joueurs d'échecs: les grands maitres "scientifiques".
La force nouvelle acquise lui permettra de gagner facilement le championnat du monde. Un titre conquis en 1927 qu'il conservera jusqu'en 1935, date de sa défaite contre Max Euwe. Il regagna le titre en 1937 et le conserva jusqu'à sa mort en 1946.  


Un jeu tactique-offensif soutenu par la science positionnelle

Du point de vue du style, Alekhine est toujours resté un joueur tactique et offensif, malgré les connaissances acquises en matière de position. Il était réputé pour ses attaques féroces, qui montrait une grande habileté pour les combinaisons.
L'homme n'avait pas la réputation d'être charmant. Alcoolique et grand fumeur, il était d'un abord antipathique. On lui a reproché après la guerre d'avoir épousée la cause nazie, ce qu'il a toujours nié. Quoi qu'il en soit, son apport aux échecs, en tant que joueur et en tant que théoricien, est considérable. Il appartient au club très fermée des 10 meilleurs joueurs de tous les temps.

Photo : Alexandre Alekhine  (George Grantham / Bain Collection, bibliothèque du Congrès des États-Unis / Pas de précision ni sur la date ni sur le lieu)

A noter : le profil Rodent pour Alekhine est ancien et n'a jamais été réactualisé. Construite avec un nombre de paramètres restreint, l'imitation est assez approximative. Le profil développé par Ed Schröder pour ProDeo est plus convainquant. Voir ICI...
Notez aussi que le moteur Winchess à un style de jeu assez proche d'Alekhine. D'autres part, Lucas Chess propose également un profil "Alekhine" dans sa série des "Moteurs GM".  De quoi faire des comparaisons.


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Mikhaïl Botvinnik

Mikhaïl Botvinnik est né en 1911 à Kuokkala (aujourd'hui Repino) petite commune proche de Saint-Pétersbourg, en Russie. Il est mort en 1995 à Moscou à 84 ans.  Joueur d'échecs de premier plan durant des décennies, il était aussi ingénieur électricien et informaticien.



Champion du monde et créateur de l'école soviétique

Champion du monde d'échecs de 1948 à 1957, de 1958 à 1960 et de 1961 à 1963, il a été le premier joueur soviétique de classe mondiale. Brillant organisateur, il a largement contribué à créer, après la seconde guerre mondiale,  la très efficace école soviétique des échecs, qui a formé plusieurs générations de grands maîtres internationaux ; lesquels dominèrent la discipline pendant 40 ans. Chouchou du régime, son influence a été considérable. Il a notamment joué un rôle important dans la conception du nouveau système de championnat du monde d'échecs, après la guerre.


En tant que joueur d'échecs, malgré un palmarès prestigieux dont plusieurs titres de champion du monde, Botvinnik n'est généralement pas considéré comme un joueur génial. C'était surtout un maître dans la préparation et un théoricien qui passait beaucoup de temps à étudier ses propres parties et celles des autres joueurs. Ses travaux ont fait avancer la science des échecs. Il a développé de nombreuses ouvertures originales et enrichi la théorie de la phase finale avec des analyses rigoureuses.


Un style positionnel-offensif

Sur le plan du style, Botvinnik pratiquait un jeu méthodique, très équilibré, produisant des positions claires mais ne craignant pas les complications tactiques. Un jeu positionnel mais qui maintenait une pression offensive constante sur l'adversaire. Il appartient au groupe restreint, avec Bobby Fischer, des joueurs "positionnel-offensifs".


Photo : Botvinnik en 1936 (archives nationales Anefo, La Haye, Pays-bas).

Le moteur SmarThink joue d'une manière assez proche de Botvinnik.


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Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "ph-botvinnik2.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, choisir "_31to80.bin", livre constitué d'ouvertures pratiquées des années 30 à la fin des années 70.


A noter : Lucas Chess propose également un profil "Botvinnik" dans sa série des "Moteurs GM".



Viktor Kortchnoï

D'origine russe, Viktor Kortchnoï est né en 1931 à Leningrad. Il a fuit l'Union Soviétique en 1976 et a demandé l'asile politique à la Suisse, dont il a obtenu la nationalité en 1992. Il est mort en 2016, à l'âge de 85 ans.

La plus longue carrière

Viktor Kortchnoï a commencé à faire surface en tant que joueur d'échecs au début des années 50, en URSS. Il n'est pas précoce. Comme il le reconnaît lui-même, il n'a jamais été un enfant prodige. En tant que joueur, il n'était pas non plus phénoménal ; il a obtenu son titre de grand maître international tardivement, à l'âge de 25 ans.  Mais c'est un travailleur acharné, un besogneux doté d'une volonté de fer. Sa carrière démarre certes un peu tard, en 1956, mais elle sera néanmoins l'une des plus longues et des plus fructueuses de l'histoire du jeu. Kortchnoï a été pendant  plus de trente ans parmi les dix meilleurs joueurs mondiaux, avec un classement de numéro 1 en 1965 et de numéro deux de 1967 à 1970. Il n'est sorti du top ten qu'en 1990, reculant lentement dans les classements. A 75 ans, il comptait encore parmi les cent meilleurs mondiaux (photo Fred Grinberg/Sputnik).


L'éternel outsider du titre mondial

Kortchnoï a accumulé plus que n'importe quel autre les premières places, seul ou en équipe, des compétitions les plus prestigieuses, nationales et internationales. Cependant, il n'a jamais réussi à conquérir le titre mondial. Ce n'est pas faute d'avoir essayé ! Il  détient le second record des sélections pour l'épreuve (derrière Karpov) : 1963, 1969 (demi-finaliste), 1972 (demi-finaliste), 1975 (demi-finaliste), 1978 (finaliste contre Karpov), 1981 (demi-finaliste), 1985 (demi-finaliste), 1986, 1987, 1990 (8eme de finale).
Il lui a toujours manqué le "petit quelque chose" nécessaire pour conquérir le titre et c'était peut-être le soutien de son pays de naissance. Dans une interview, Kortchnoï regrettait qu'il n'ait pas été celui que voulait Brejnev. Le fait est que les autorités soviétiques ont poussé d'autres joueurs que lui et que sa carrière n'avançait pas, bien qu'il fut un grand joueur. trop brun? Trop juif? Trop bourgeois?
Après sa défection, au moment où il était le plus fort, il s'est retrouvé durant plusieurs années dans la position très inconfortable d'apatride, qui voyait tous les joueurs russes fuir les compétitions auxquelles il participait. Sans parler du poids des ennuis que sa fuite occasionnait à sa femme et à son fils, restés en URSS.



Style

Bien que son style ait beaucoup évolué au fil du temps, les grandes lignes sont restées les mêmes: Kortchnoï joue d'abord en défense. Son jeu est alors positionnel, matérialiste, faiblement offensif. Il incite l'adversaire à l'attaquer, au besoin en proposant un sacrifice aussi risqué pour lui que tentant pour son adversaire. Lorsque celui-ci se décide enfin, il contre-attaque vigoureusement, en prenant des risques inhabituels pour un joueur défensif. Mais la manoeuvre est souvent couronnée de succès car Kortchnoï est aussi un très bon tacticien, capable de déployer un redoutable jeu offensif.

On lui a souvent reproché de ne pas avoir un jeu harmonieux et lui-même le reconnaît volontiers. "Je n'avais pas le style brillant de Kasparov" déclarait-il à un journaliste à la fin de sa vie, admettant que cela avait été pour sa carrière un inconvénient. Mais personne ne niera, par contre, qu'il était efficace. Kortchnoï n'a peut-être pas été champion du monde mais il a battu un jour ou l'autre tous les tenants du titre, y compris Magnus Carlsen (photo : Kortchnoï en 2008  - Par Rorkhete).


Apport théorique

Kortchnoï a contribué à enrichir la connaissance des ouvertures, en jouant des variantes totalement nouvelles de nombre d'ouvertures classiques. Ces innovations, il les a détaillé et étudié dans de nombreux articles théoriques et dans plusieurs monographies sur le sujet.


Jouer contre une simulation de Kortchnoï ?

Deux moteurs jouent de façon proche de Kortchnoï : Mustang et Alarm. Mustang est à la portée d'un bon joueur car son niveau Elo est modéré (2040). Bien qu'il soit un moteur tactique, il est un peu faible en calcul et face à un joueur patient et bon en défense, il peinera à réussir la phase offensive.
Plus fort (2200 Elo), Alarm se sortira beaucoup plus facilement de la phase offensive et sera un adversaire redoutable même pour un très bon joueur. Si vous envisagez de l'utiliser, référez-vous à mon article.

A ma connaissance, aucun moteur libre ou gratuit ne fournissait jusqu'à présent un profil spécifique "Kortchnoï". Connaissant plutôt bien le système de paramétrage de Rodent III, j'en ai créé un pour ce moteur. Il est encore en phase de test mais vous pourrez quand même le télécharger ICI, avec sa bibliothèque d'ouvertures Polyglot, obtenue à partir de 6930 parties gagnantes ou nulles de Viktor Kortchnoï.
Au cas où vous voudriez savoir comment le profil a été constitué, lisez mon article "Profil Kortchnoï pour Rodent III".

Utilisez la bibliothèque "Kortchnoi.bin" comme guide et la bibliothèque historique "_31to80.bin" comme bibliothèque complémentaire. Elle rassemble des ouvertures pratiquées entre 1931 et 1980. Voir "Les bibliothèques d'ouvertures de Rodent".




Tigran Petrossian

Tigran Petrossian est né en 1929 de parents arméniens à Tbilissi, en République de Géorgie, appartenant alors à l'URSS. Il est mort  à Moscou en 1984, à 55 ans.


Un champion à la longévité exceptionnelle


Petrossian à accédé en 1952 au rang de Grand maître international. A partir de cette date, son ascension sera continuelle, jusqu'à obtenir en 1963 le titre suprême de champion du monde, qu'il conserva jusqu'en 1969. Petrossian a été aussi à quatre reprises champion d'URSS (en 1959, 1961, 1969 et 1975), un titre également très convoité. Plusieurs fois invaincu lors des tournois interzonaux, vainqueur de plusieurs olympiades, il est resté jusqu'en 1980 parmis les 10 meilleurs joueurs du monde.


Style de jeu positionnel et fortement défensif


Petrossian est réputé pour son jeu positionnel hyper-défensif et pour sa capacité exceptionnelle à prévoir les attaques. A croire, écrira un journaliste, "qu'il sait avant-même son adversaire ce qu'il va faire". Il est généralement solidement campé en défense, attendent le moment où le joueur adverse commettra une faute et lui donnera l'occasion de contre-attaquer.


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Le profil est disponible ICI.

Décompresser l'archive dans le répertoire "Personalities", "07 Grands joueurs".
Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "petrosian.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, choisir "_31to80.bin", livre constitué d'ouvertures pratiquées des années 30 à la fin des années 70.

A noter : les moteurs AdroitChess et Mustang jouent à la manière de Petrossian. D'autre part, Lucas Chess propose également un profil "Petrossian" dans sa série des "Moteurs GM".



Mikhail Tal

Mikhail Tal est né en 1936 à Riga, en Lettonie.  Il est mort en 1992 à Moscou (Russie), à l'âge de 56 ans.

Après la guerre, les soviétiques considérèrent  les échecs comme un enjeu d'image majeur pour le régime et firent tout pour favoriser le jeu. Des dépisteurs parcouraient la Russie et les Républiques associées à la recherche de nouveaux talents. C'est ainsi que le pédagogue et très fort joueur Alexandre Koblenz découvrit le jeune Tal.  Par miracle, Koblenz était lui aussi par nature un attaquant féroce, à la manière des romantiques. Tout en instruisant le jeune joueur, il ne fit donc rien pour contrecarrer son style naturel. Tal avait un véritable talent pour les attaques coordonnées, apparemment fluide et harmonieuse.  Jouant très vite et prenant des risques, il perdait beaucoup de parties mais s'en moquait. Il en gagnait aussi beaucoup !



Un fauve dans l'arène

Quand Koblenz se décide à lâcher son élève dans l'arène, il fait rapidement sensation. En 1957, il a à peine 21 ans lorsqu'il remporte le titre de champion d'URSS, compétition considérée comme aussi élevée que le championnat du monde, en éliminant les plus forts joueurs soviétiques de l'époque : Petrossian, Bronstein et même Botvinnik, le champion du monde en titre et ultra-favori de l'épreuve.
Cette victoire ouvre à Tal la porte du tournoi interzonal de Portoroz (Slovénie), qu'il remporte facilement. C'est une seconde porte qui s'ouvre alors : le droit de participer au "Tournoi des Candidats", processus de sélection du futur candidat au titre mondial.
La compétition se déroule en Yougoslavie en 1959;  Mikhail Tal accumule 20 pts sur 28, ne subissant qu'une défaite contre Keres, ouvrant l'accès au championnat du monde.

Mikhaïl Tal en 1962 (Harry Pot / Archives nationales néerlandaises, La Haye, collection de photographies Office général de la presse néerlandaise - ANEFO).



Un champion du monde qui a la faveur du public

La victoire de Tal sur Mikhaïl Botvinnik fut un grand moment dans l'histoire des échecs. La confrontation est spectaculaire. Tout oppose les deux joueurs. Botvinnik est un scientifique sérieux et méthodique, il ne joue jamais un coup sans une très bonne raison. Sa vie est ordonnée, programmée. Tal est fantasque, d'allure souvent négligée et joue très vite, à l'instinct, des coups inattendus qui déstabilisent ses adversaires et lui permettent de gagner mais qui se révèlent souvent, après analyse de la partie, comme médiocre. Ses principes de vie sont peu rigoureux, il mène une existence un peu marginale, joue aux échecs la nuit contre n'importe qui, semble tout prendre à la légère, y compris les échecs.
Tal est très jeune, Botvinnik approche de la cinquantaine et a déjà une longue carrière derrière lui. Botvinnik, comme la plupart des grands champions soviétiques, est Russe et moscovite, Tal vient d'une petite République. Botvinnik est un homme du système, loin du vulgum pecus, Tal est un homme du peuple qui joue dans les clubs et les cafés des parties rapides contre des amateurs inconnus.


Enfin, leur style de jeu est très différent. Botvinnik est un joueur positionnel-offensif, maintenant la pression sur l'adversaire dans le but non de faire un coup-d'éclat mais d'affaiblir la position adverse. Rien dans son jeu n'est dû au hasard. Tal est un hyper-attaquant qui joue au feeling. Il accorde relativement peu d'importance à la position, se lance dans des attaques comportant des sacrifices de pièce surprenants, souvent à l'appel d'une simple intuition et non sur la base d'une véritable stratégie d'attaque.

Comme on pouvait s'y attendre, Tal a le soutien des amateurs et du public mais l'intelligentsia des échecs ne voit en lui qu'un "joueur de café" et parie sur Botvinnik. La victoire de Tal fut très bénéfique car elle donna un coup de fouet à la pratique des échecs, qui s'enfonçait de plus en plus dans une technique et s'éloignait de l'art. Botvinnik n'était pas populaire : trop froid, trop austère, trop technique, trop proche du système. Avec ses coups délirants et fantaisistes, Tal était vu comme un véritable artiste. Il a réveillé une passion des échecs qui commençait à s'assoupir. Ce qui me fait dire qu'on aurait bien besoin aujourd'hui d'un nouveau Tal.


Mikhaïl Tal en 1982 (Rob C. Croes / Archives nationales néerlandaises, La Haye, collection de photographies General Dutch Press Office - ANEFO)


Le déclin

Le déclin de Mikhail Tal fut relatif mais assez rapide. Il ne réussit pas à conserver son titre, qui revint à Botvinnik l'année suivante. Sa condition physique joua contre lui. Sa carrière, après la conquête du titre, fut handicapée par des soucis de santé de diverses natures : problèmes cardiaques, problèmes intestinaux qui se conclurent en appendicite, coliques néphrétiques et insuffisance rénale grave - dont il finit par mourir.

Mais il y une autre raison à son reflux : les fameuses combinaisons de Tal n'étaient souvent que des bluffs dont le déroulement tenait plus du hasard que d'un plan préétabli. Les positions auxquelles il arrivait étaient généralement médiocres, comme les analyses des parties le montraient fréquemment, mais semblaient malgré-tout gagner miraculeusement. En fait c'est en grande partie parce que les sacrifices de pièces de Tal faisaient peur et que les joueurs positionnels ne savaient comment combattre un adversaire qui explosait littéralement toute tentative de construire une position cohérente, en amenant le chaos sur l'échiquier.
Il leur a fallu quelque temps pour découvrir que le jeu de Tal était en partie une supercherie, même si le joueur Letton avait une vision rapide des combinaisons et une grande habileté à tendre des pièges. Une fois ses "trucs" éventés, Tal se retrouva un peu dans la même situation que Marshall face à Capablanca. Le brouillon de son jeu, les désavantages positionnels auxquels il conduisait, finirent par l'affaiblir face à des adversaires préparés à le contrer.

Il n'en reste pas moins que Tal est toujours resté un joueur très populaire parmi les amateurs d'échecs, même encore aujourd'hui. Son jeu flamboyant et spectaculaire inspire toujours, comme on peut s'en apercevoir facilement à la lecture des discussions sur les forums. Le champion Letton laisse aussi beaucoup de parties considérées comme des classiques du jeu offensif, voire de véritables "prix de beauté".


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Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "ph-tal2.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, bien que le profil conseille "rodent.bin", je vous conseille de choisir plutôt "_31to80.bin", livre constitué d'ouvertures pratiquées des années 30 à la fin des années 70.



Une personnalité imitée par de nombreux moteurs

A noter : Tal est sans doute la personnalité qui a le plus motivé les programmeurs à imiter son jeu. Plusieurs programmes ou moteurs d'échecs peuvent raisonnablement prétendre y être arrivés. C'est le cas des moteurs Open Tal et Gambit Fruit, qui ont un style de jeu "à la Tal".  Prodeo a nativement un style éloigné mais il propose un fichier de personnalité "Tal" assez crédible.


Chess system Tal. Ce vieux programme commercial abandonné avait la réputation d'être très fidèle au style de Mikhaïl Tal.

Je me dois aussi de signaler l'existence du programme d'échecs Chess System Tal II, que Chris Whittington a commercialisé au milieu des années 90, aujourd'hui freeware. L'interface est vieillote et peu pratique mais elle fonctionne sur les systèmes Windows récents. Surtout, CST II tournait avec un moteur qui avait la réputation d'imiter très fidèlement le jeu du champion Letton ; tout en offrant un niveau de force honorable pour l'époque (environ 2300 Elo). Le programme peut-être téléchargé ici :

https://fr.freedownloadmanager.org/Windows-PC/Chess-System-Tal-II-GRATUIT.html
Page alternative :
http://eric.terrien.pagesperso-orange.fr/page1/page19/page19.html
(chercher dans la page "CST II.zip")

Enfin, Lucas Chess propose également un profil "Mikhaïl Tal" dans sa série des "Moteurs GM".




Boris Spassky

Boris Spassky est né en 1937 à Léningrad (URSS).  


Héros malheureux du "match du siècle" contre Bobby Fischer


Grand maître international et candidat au championnat du monde en 1956, à dix-neuf ans, le joueur Russe Boris Spassky devient, en 1969, le dixième champion du monde d'échecs, en battant Tigran Petrossian à Moscou. Il perdit son titre trois ans plus tard, lors du championnat du monde d'échecs 1972, dans une confrontation fortement médiatisée avec l'américain Bobby Fischer.

Spassky épousa une Française et vint s'installer en France en 1976, obtenant même sa naturalisation. Il représenta la France lors des olympiades d'échecs de 1984, 1986 et 1988, ainsi qu'au championnat du monde par équipes de 1985. En 2012 il est retourné vivre à Moscou.

Boris Spassky au tournoi des candidats de 1956 à Amsterdam (Herbert Behrens / Anefo)


Un beau jeu parfaitement équilibré

Spassky est l'un des grands joueurs d'échecs dont le jeu est le plus équilibré. Bon attaquant et solide défenseur, maîtrisant le jeu positionnel et la tactique, il était à l'aise dans tous les stades de la partie. Imaginatif et quelque peu aventurier, il lui arrivait souvent de joueur des ouvertures inhabituelles, ce qui lui permit parfois de battre de grosses pointures comme Karpov ou Fischer. Mais plus fréquemment ces ouvertures exotiques l'entraînaient en des territoires inconnus qui ne lui portaient pas chance. Ses secondants réussirent à le convaincre de ne pas trop s'éloigner des sentiers battus et il se résolu à ne plus jouer que des ouvertures solides et classiques.  


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Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "ph_spassky2.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, choisir "_31to80.bin", livre constitué d'ouvertures pratiquées des années 30 à la fin des années 70.

A noter : Lucas Chess propose également un profil "Spassky" dans sa série des "Moteurs GM".


Bent Larsen

Jørgen Bent Larsen est né en 1935 à Thisted (Danemark). Il est mort en 2010 à Buenos Aires (Argentine) à 75 ans.



Le meilleur joueur non-soviétique

Bent Larsen, grand maître international depuis 1956, a été candidat au championnat du monde d'échecs à quatre occasions : en 1965, 1968, 1971 et 1977. Il a remporté un grand nombre de tournois majeurs au cours de sa carrière et fut sans conteste le meilleur joueur Danois de l'histoire et probablement le meilleur joueur de Scandinavie, du moins jusqu'à l'apparition de Magnus Carlsen dans les années 2000.
Dans les années 70, alors que les joueurs Russes dominaient encore les échecs mondiaux, Ben Larsen étaient considéré, avec Bobby Fischer, comme le meilleur joueur non-soviétique. A l'instar de Paul Keres, David Bronstein ou Viktor Kortchnoï, il resta très longtemps au sommet de l'élite des échecs sans réussir à remporter le titre mondial.

Bent Larsen en 1977 (Hans Peters / Anefo)


Style : un attaquant adepte des ouvertures non-standard

Vu du côté style, Larsen est un attaquant farouche qui, comme Fischer, joue pour gagner et accumuler des points et non pour se contenter de nulles tranquilles. Bobby Fischer avait la même qualité - ou le même défaut, selon le point de vue d'où l'on se place. C'est un joueur qui prenait des risques et n'hésitait pas à se lancer, à la façon de Tal, dans des positions très déséquilibrées. Il aimait également explorer d'autres voies, popularisant de nouvelles ouvertures dont l'une porte son nom (1. b3 : attaque Nimzo-Larsen) tandis que l'autre,  dites "défense scandinave" (1.e4 d5) fait clairement référence à Larsen - qui s'en servit pour battre Karpov, champion du monde en titre, en 1979.  Il a enfin aussi apporté à des ouvertures classiques des variantes très productives, avec lesquelles il battit nombre de joueurs de premier plans, dont à nouveau Karpov en 1980.
Cependant, ces variantes n'étaient pas toujours aussi efficaces et elles lui ont fait perdre sans doute plus de parties qu'elles ne lui en ont fait gagner.

En résumé, Bent Larsen étaient un joueur qui prenait des risques, jouait pour la beauté et le fun et non pour gagner à tout prix. Extrêmement fort, il était le plus redoutable joueur de tournois de son époque. Il en a gagné un nombre invraissemblable. En tournoi, les compétiteurs rencontrent beaucoup d'aversaires différents n'ayant pas eu l'occasion de se préparer à s'affronter.  Dans ces situations, le caractère aventurier de Larsen contribuait beaucoup à déstabiliser l'adversaire et était plus un avantage qu'une faiblesse. Il n'en était pas de même dans le cadre du championnat du monde. Face aux adversaires de plus haut niveau de son temps, parfaitement préparés à l'affronter, son aventurisme était au contraire un handicap. Le fait est que cela lui fit souvent perdre des points et l'empêcha probablement d'accéder au sommet.



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Décompresser l'archive dans le répertoire "Personalities", "07 Grands joueurs".
Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "ph-larsen2.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, choisir "_31to80.bin", livre constitué d'ouvertures pratiquées des années 30 à la fin des années 70.




Bobby Fischer

Robert James Fischer, dit Bobby Fischer, est né en  1943 à Chicago, aux États-Unis.  Il est mort le 17 janvier 2008 à Reykjavik en Islande.

Fischer, qui a commencé à jouer aux échecs à l'âge de 6 ans, n'a dans un premier temps, pas été particulièrement brillant ni dans le domaine des échecs, ni ailleurs. Ce n'est qu'à partir de 10 ans que son génie commence à éclater. Il deviendra à 15 ans le plus jeune grand maître international de l'histoire. Après une ascension compliquée dans les arcanes des échecs mondiaux, remplie de contretemps et de controverses, il ravira aux soviétiques le titre de champion du monde en 1972 en battant le champion en titre Boris Spassky, mettant fin provisoirement à la domination des russes.



Un grand champion fragile

Véritable génie des échecs (d'aucuns estiment qu'il fut le meilleur joueur de tous les temps), il aurait pu régner sur la discipline pendant des années mais préféra se retirer de la compétition. Doté d'un caractère difficile et excentrique, ses caprices, ses accès de colère et ses déclarations à l'emporte-pièce ternirent sa réputation. Souffrant de plus de délire de persécution, il plongea peu à peu dans la misère tandis que son état psychologique se dégradait (un psychiatre lui diagnostiqua une schizophrénie paranoïde). Fâché avec les autorités américaines, puis japonaises (il a vécu plusieurs années au Japon) il se réfugia en Islande en 2005 et obtient la nationalité islandaise.


Robert Fischer en 1960 à Leipzig (Bundesarchiv Bild)


Un style rare et inimitable


Maître en stratégie, Fischer a un jeu positionnel très offensif, à sa manière inimitable : il exerce une pression constante sur son adversaire mais reste prudent, entrant rarement dans de trop complexes combinaisons tactiques. Cela donne un jeu très équilibré, d'apparence simple et clair, assez proche de celui de Botvinnik, le génie en plus.
Bobby Fischer connaissait certaines ouvertures mieux que personne et maîtrisait particulièrement bien les phases finales du jeu, ce qui lui permettait de convertir en victoire une position plus solide que celle de son adversaire.   



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Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "ph-fischer2.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, choisir "_31to80.bin", livre constitué d'ouvertures pratiquées des années 30 à la fin des années 70.

A noter : quelques rares moteurs offrent un style de jeu proche de celui de Fischer. Je retiens principalement Smarthink. Prodeo, propose pour sa part un profil de "personnalité Fischer" très crédible. De même que l'interface Lucas Chess.




Anatoly Karpov

Anatoly Karpov est né en 1951 à Zlatooust, dans l'oblast de Tcheliabinsk en URSS (Russie).

Pur produit de l'école soviétique d'échecs, Karpov fut toujours un proche du régime, contrairement à Kasparov, qui avait l'âme d'un rebelle et d'un dissident. Repéré par Mikhaïl Botvinnik en personne, alors qu'il avait 13 ans, l'ancien champion du monde a tout fait pour faire grandir la jeune pousse à l'abri des vicissitudes. Il a été soumis à un régime à part, protecteur mais néanmoins intense et méthodique, qui lui a valu le surnom de "champion-éprouvette du Soviet Union".
Ses débuts sont discrets et bons, sans plus. Ce n'est qu'en 1970, à 19 ans, qu'il remporte ses premiers succès dans des tournois internationaux. Mais là encore, sans casser la baraque.



Champion du monde pour longtemps

En 1974, Karpov se qualifia pour les 1/2 finales du championnat du monde, où il élimina facilement Boris Spassky, puis Viktor Kortchnoï. A 23 ans, à l'âge où d'autres grands champions ont déjà un solide palmarès derrière eux, Karpov devient enfin de challenger officiel du champion en titre, Bobby Fischer.  Mais là encore, la victoire ne fut pas mémorable puisque Fischer déclara forfait et qu'il ne fut sacré champion du monde que par défaut.

Après cette progression laborieuse, Karpov enchaîna les victoires et il domina les échecs mondiaux durant un quart de siècle. Il a été champion du monde de 1975 à 1985, puis à nouveau de 1993 à 1999. Et dans toute sa carrière il aura disputé pas moins de onze finales de championnat du monde.  Un record !


Anatoli Karpov en 1977 (Koen Suyk / Anefo - Pays-Bas).


Un style fortement positionnel et défensif

Le style du maître ne fait pas vibrer les foules, c'est le moins qu'on puisse dire. Karpov, qui a été beaucoup influencé par Capablanca dans sa jeunesse, est le parfait joueur positionnel-défensif. Il est calme, ne perd jamais son sang-froid, n'affiche aucune faiblesse de caractère ou de physique. Il avance froidement, méthodiquement, sans la moindre recherche esthétique ou désir de coup d'éclat. Contrairement à Bobby Fischer, qui joue pour gagner, Karpov se contente du nul s'il ne peut pas prendre l'avantage sur l'adversaire lorsqu'il a les noirs.
Tout cela ne fait généralement pas des prix de beauté pour la postérité, mais c'est très efficace! Possédant une science positionnelle hors du commun, Karpov a du génie pour geler le jeu adverse. C'est un boa-constrictor qui étouffe ses victimes dans la prise lente du béton d'une position sans faille.



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Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "ph-karpov2.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, étant donnée la longévité de Karpov, plusieurs choix sont possibles :
-"_31to80.bin", livre constitué d'ouvertures pratiquées des années 30 à la fin des années 70
-"_81to06.bin", pour les ouvertures pratiquées entre 1981 et 2006, le meilleur choix je crois.
-Ou bien comme proposé dans le profil la bibliothèque standard "rodent.bin".

Plusieurs moteurs offrent un style de jeu proche de celui de Karpov. C'est le cas de Komodo, l'un des plus forts moteurs actuels. Bien que beaucoup moins fort, Mustang joue également à la manière de Karpov. Le moteur Prodeo offre par ailleurs un profil spécifique "Karpov". De même que l'interface Lucas Chess.





Garry Kasparov

Garry Kasparov est né en 1963 à Bakou (RSS d'Azerbaïdjan, URSS).  


L'anti-Karpov


Sur bien des points Garry Kasparov est l'anti-Karpov.  Il est aussi bouillant que Karpov est  placide; il a toujours eu des relations difficiles avec le régime soviétique et avec les institutions des échecs, contrairement à son ex-compatriote ; il a l'âme d'un dissident alors que Karpov n'a jamais fait de vagues. Et bien évidemment, son style de jeu est diamétralement opposé. Au monotone style positionnel-défensif de Karpov il oppose un flamboyant jeu tactique-offensif qui a beaucoup contribué à sa popularité.
On peut dire sans trop de risque de se tromper que la confrontation des deux joueurs symbolisaient aussi les forces qui travaillaient la société soviétique en profondeur : Kasparov était le neuf, Karpov le vieux…



Champion du monde à 22 ans

Enfant précoce, son parcours échiquéen est émaillé de coups d'éclats. Il arrivait à battre son père aux échecs à 6 ans ; à 9 ans, il se qualifiait pour la finale du championnat de blitz de Bakou. A 12 ans, il battait un grand maître international et à 13 remportait le championnat d'Azerbaïdjan puis le championnat junior d'URSS. Mais c'est à 16 ans qu'il commença véritablement à faire parler de lui en gagnant haut-la-main un tournoi qui l'opposait à 14 grands maîtres ; puis en remportant, les années suivantes, un grand nombre de tournois prestigieux. A 19 ans, ses succès lui donnent la possibilité de participer au championnat du monde. On connaît la suite : il affronta Karpov au cours d'un interminable match qui dura plusieurs mois; mais ni lui ni le champion en titre n'arrivèrent  à obtenir les 6 points nécessaires pour engranger la victoire. La FIDE mit fin à la confrontation, "pour préserver la santé des joueurs" et Karpov conserva le titre. Mais pour peu de temps. L'année suivante, Kasparov élimine Karpov et devient à 22 ans le 13eme champion du monde. Il conservera le titre jusqu'en 2000; En 2005, à 42 ans, il abandonnera la compétition, pour se consacrer à la rédaction de plusieurs ouvrages majeurs sur les échecs.


Garry Kasparov en 1993 (Owen Williams, The Kasparov Agency)


Premier joueur à avoir dépassé les 2800 points Elo en 1990, il atteint neuf ans plus tard le classement le plus élevé jamais enregistré : 2 851 points. Un record qui n'a été battu jusqu'ici que par Magnus Carlsen. Il est considéré comme l'un des 5 joueurs d'échecs les plus forts de l'histoire des échecs - souvent même comme le meilleur.



Style : un féroce et brillant attaquant

Kasparov est un brillant tacticien et un féroce attaquant qui prend et cherche à conserver l'initiative. Il sacrifie facilement des pièces mais en se basant sur une idée générale de où il veut arriver, non sur la promesse d'une simple intuition, comme Mikhaïl Tal.  Même s'il ne peut pas prévoir précisément le résultat final de ses choix, il parvient le plus souvent à s'extraire des complications qu'ils ont entraîné.


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Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "kasparov.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, vous avez le choix entre :
-"_81to06.bin", pour les ouvertures pratiquées entre 1981 et 2006
-Ou la bibliothèque standard "rodent.bin".

Plusieurs très bons moteur d'échecs imitent avec succès le style de Kasparov, avec des niveaux de force très différents. C'est le cas de Sissa (de force moyenne), de GreKo (très fort) et de Stockfish (plus fort que Kasparov lui-même). Prodeo offre par ailleurs un très bon profil "Kasparov". De même que l'interface Lucas Chess.




Viswanathan Anand

Viswanathan Anand, dit "Vishy Anand" est né en 1969 à Madras (aujourd'hui Chennai) en Inde (50 ans).



Champion du monde


Ce joueur indien a lui aussi été précoce, devenant maître international à l'âge de 15 ans et grand maître à 19 ans. Après deux sélections pour le championnat du monde - où il est battu en finale par Kasparov en 1995 et par Karpov en 1998 - il obtient le titre en 2000 en éliminant Alexeï Shirov à Téhéran. Il perd le titre en 2002, finit 2eme en 2005 puis est à nouveau champion du monde en 2007, titre qu'il conservera jusqu'en 2013. Il est alors battu par Magnus Carlsen. Depuis, il est un peu en perte de vitesse mais reste tout de même dans le top 10 des meilleurs joueurs mondiaux.


Photo : Viswanathan Anand en 2017 (Barnos, travail personnel)


Un style de jeu universel


Anand est réputé pour jouer avec une rapidité hors normes, trouvant des combinaisons tactiques en quelques secondes. Il est d'ailleurs champion du monde de parties rapides sans discontinuer depuis 2003.  C'est un joueur très fort en tactique, qui joue de manière assez agressive, mais c'est également un solide défenseur. Son style est très équilibré.



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Bibliothèque d'ouvertures : la bibliothèque guide "ph-anand2.bin" est fournie avec le profil. Comme bibliothèque principale, installez "_post06.bin", livre constitué d'ouvertures de 2006 à nos jours.

A noter : Ed Schröder a développé pour son moteur Prodeo toute une collection de profils imitant le style de grands joueurs, dont Vishy Anand. Lucas Chess propose également un profil "Anand" dans sa série des "Moteurs GM".


Rob Robinson, juin 2019



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Rob Robinson, juillet 2020

 
 
 
 
 
 
 
 
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